Le Contemporaliste

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887 au TNM : voyage au sein de la mémoire

Dans le cadre du 40e anniversaire de la désormais légendaire Nuit de la Poésie effectuée en 1970, Robert Lepage reçoit la mission de réciter le célèbre poème Speak White de Michèle Lalonde sans avoir le texte sous les yeux. Il doit ainsi l’apprendre par cœur. Quiconque connaît ce magnifique poème sait pertinemment à quel point il est complexe et retors. Malgré toute sa bonne volonté, Lepage ne parvient pas à retenir les vers du poème. Il essaye donc plusieurs trucs possibles pour tenter de remédier à la situation, sans succès. Il se met alors à réfléchir au concept de la mémoire et, l’aspect politique et historique du poème aidant, il remonte dans le temps jusque dans les années 1960 pour revisiter l’histoire du Québec, plus précisément celle de la ville de Québec, à cette époque précise, ainsi que son histoire personnelle et celle de sa famille. L’accent est d’ailleurs mis sur la vie de son père, à qui il rend grandement hommage à sa manière.

Lepage a évidemment recours à la technologie et ce, de manière ingénieuse. Il se sert notamment d’une maison de poupées géante pour raconter le quotidien des gens de l’immeuble 887, celui dans lequel il a vécu durant les années 1960, et celui de sa famille. L’architecture le fascine manifestement : plans, maquettes, voitures et poupées humaines miniatures se succèdent, qu’ils soient sur scène ou à l’écran.

Seul sur scène durant deux heures, Lepage, très volubile, nous livre ses mémoires, qui sont à la fois un hommage à sa famille et surtout au Québec qui ne possède finalement pas une si bonne mémoire. Peut-être d’ailleurs que les Québécois connaîtraient mieux leur histoire s’ils avaient la chance de se la faire raconter tous les jours d’une manière aussi intéressante. Le tout est livré avec sensibilité et humour. On ne perd pas le fil une seule seconde ; à cet égard, il faut souligner que Lepage possède un sens narratif exceptionnel. Bref, il s’agit d’un spectacle captivant et magistral!

Du 26 avril au 8 juin au Théâtre du Nouveau Monde

Crédit photo : Érick Labbé

Crédit photo : Reik Von Wittelsbach | Le Contemporaliste
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