Le Contemporaliste

L'homme et ses facettes.

Fleuve au TNM : tragique et beau!

On a tendance à l’oublier, mais la grande actrice québécoise Sylvie Drapeau, qui foule les planches des théâtres québécois depuis plus de trente ans, est également une écrivaine chevronnée, qui a déjà 4 romans autofictionnels à son actif (Le fleuve, Le ciel, L’enfer et La terre).

Pour sa deuxième pièce de la saison, le TNM a choisi de transposer ces quatre romans sur scène, qui deviennent une seule œuvre, intitulée Fleuve. Pour ce faire, le théâtre a sollicité le savoir-faire de la metteure en scène Angela Konrad, qui signe ici sa première mise en scène au TNM.

Divisé en quatre tableaux, Fleuve relate les tragédies ayant jalonné le parcours d’une famille ordinaire de la Côte-Nord, celle de Drapeau. Il s’agit d’une œuvre à trois voix : la Petite, la Jeune femme et la Femme qui, chacune, par le bien de monologues, relatent leurs drames familiaux. Le premier tableau, intitulé Fleuve, raconte la noyade du frère aîné de Drapeau, sous ses yeux et ceux de sa fratrie, le tout raconté de la bouche de la Petite, jouée en alternance par Alice Bouchard et Marion Vigneault, époustouflantes pour leur jeune âge. Le second tableau, Ciel, relate la première déception amoureuse de la Jeune femme, jouée par une Karelle Tremblay très convaincante dont le sentiment de révolte est très bien rendu. Celle-ci apprend du même coup que sa mère est atteinte d’un cancer incurable. Leur conversation téléphonique est probablement le moment le plus émouvant et le plus fort de la pièce. Le troisième tableau, Enfer, comme son nom l’indique, raconte la descente aux enfers du plus jeune frère de la fratrie, atteint de schizophrénie, qui finira par se suicider. La Femme, jouée par une Sylvie Drapeau en pleine possession de ses moyens et très émouvante, prend le relais à partir de ce tableau et s’impose de manière souveraine dans ce tableau et celui qui suit, Terre, dans lequel elle raconte son épuisement professionnel vécu au début de la cinquantaine.

Si Fleuve est une pièce plutôt exigeante étant donné ses dialogues très littéraires, il n’en demeure pas moins que le spectateur est plongé dans l’émotion brute des personnages et les multiples tragédies qui traversent leurs vies. On se laisse facilement transporter par la poésie des mots et l’émotion des trois actrices. À voir!

Jusqu’au 7 décembre 2019 au Théâtre du Nouveau Monde de Montréal. Retrouvez les détails (ici)

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Photo By: Yves Renaud

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