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Les fourberies de Scapin au TNM : donner vie à la langue de Molière!

Pour la quatrième fois de son histoire, le TNM présente Les fourberies de Scapin, un classique du XVIIe siècle écrit par le célèbre dramaturge français Molière. Cette fois, la directrice artistique Loraine Pintal a fait appel au metteur en scène Carl Béchard pour rendre vivante la langue de Molière, une tâche colossale à laquelle il s’est attelé avec brio, en s’entourant d’une très solide distribution.

Inspiré par la commedia dell’arte, dont les procédés narratifs lui permettent de critiquer la bêtise humaine par le biais de la ruse et de l’ingéniosité, Molière a imaginé l’histoire de Octave (Sébastien René) et Léandre (Simon Beaulé-Bulman), deux fils de bonne famille nantaise un peu fainéants, qui profitent de l’absence de leurs pères respectifs, Géronte (Benoît Brière) et Argante (Patrice Coquereau), pour couler des jours tranquilles. C’est alors que Octave s’éprend de Hyacinthe (Marie-Ève Beaulieu), qu’il s’empresse d’épouser, alors que Léandre succombe aux charmes de Zerbinette (Catherine Sénart), à laquelle il se marie également. Or, coup de théâtre! Les deux pères reviennent au bercail du jour au lendemain, sans crier gare, et ont bien l’intention de marier leurs fils à celles qu’ils leur ont promises. Qui de mieux que Scapin, serviteur de la famille ayant connu la prison et s’avérant un fieffé coquin, qui connaît les rouages de la justice et de la société mieux que personne, pour tirer les deux fils de leur fâcheuse position? C’est ainsi que Scapin, interprété par un André Robitaille en pleine forme, rivalise de stratagèmes désopilants pour arriver à ses fins, allant jusqu’à faire de Géronte et Argante ses dupes. Brière et Coquereau volent la vedette dans leurs interprétations hilarante des deux pères au caractère irascible en ayant recours à un jeu très physique et truculent.

Le travail de Béchard s’avère particulièrement réussi dans la mesure où il parvient à donner vie à la langue de Molière en rendant la mise en scène très dynamique et en faisant appel à Bernard Bourgault pour des chorégraphies musicales, dont le mémorable numéro d’ouverture dansant. En ce qui concerne le décor, Béchard a eu recours au talent de Geneviève Lizotte, qui a imaginé une espèce de quai entouré d’un bleu artificiel faisant office d’eau et dont les murs sont composés d’immenses toiles blanches allant du plancher au plafond. Marc Senecal, qui a conçu des costumes flamboyants, a d’ailleurs affublé Scapin de vêtements de marin, tandis qu’il a opté pour des habits austères pour les deux pères et des robes aux couleurs exotiques pour les dames. Finalement, la musique, dont la composition originale a été confiée à Carol Bergeron et l’interprétation est effectuée en direct dans une fosse d’orchestre devant la scène, constitue également un choix judicieux.

En bref, le TNM nous livre un Molière à la fois accessible et inventif, qui fera crouler de rire l’assistance du début à la fin.

Du 16 janvier au 17 février 2018 au Théâtre du Nouveau Monde de Montréal, Québec.

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