Le Contemporaliste

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Paradise de Kontchalovski : destins croisés au temps de l’Holocauste

Cinéaste russe chevronné, Andreï Kontchalovski a fêté ses 80 ans cette année. Pour l’occasion, CARUSEL Film Distribution a organisé une rétrospective de certaines de ses œuvres au Canada. Après nous avoir fait connaître Les nuits blanches du facteur plus tôt cette année, film récompensé par le Lion d’argent à la Mostra de Venise en 2014, la compagnie projettera à compter du 17 novembre Paradise, du même cinéaste, décoré cette fois en 2016 du Lion d’or à la Mostra de Venise.

Cette œuvre magistrale relate les destins croisés de trois individus qui connaîtront tous les trois les affres de la guerre. Olga est une jeune aristocrate russe ayant immigré en France qui choisit de rejoindre la résistance au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale dans le but noble de sauver des enfants juifs. Elle est toutefois rapidement envoyée dans un camp de concentration. Jules, quant à lui, un bon père de famille bourgeois et officier de police français, choisit de collaborer avec les Nazis. Helmut, aristocrate allemand ruiné par la Première Guerre mondiale et le Traité de Versailles, exalté par le paradis que veulent construire les Nazis, choisit devient officier SS haut gradé dans un camp de concentration. Tous trois devront répondre de leurs actes devant Dieu et leur vraie nature se révélera à travers les événements terribles qu’ils traverseront.

La force du film réside dans la mise en scène criante de vérité se rapprochant du docu-réalité, qui nous plonge dans le quotidien des trois protagonistes. Ces scènes sont entrecoupées d’entretiens avec ces personnages qui, se trouvant dans une sorte de paradis fictif, relatent, face à la caméra, les événements les ayant conduits à la mort. Ils crèvent littéralement l’écran. Le cinéma de Kontchalovski, qui trempe autant dans la philosophie que dans la tragédie, s’avère d’une âpre beauté et on n’en ressort pas indemne. Ce même cinéaste s’inquiète que l’humain répète constamment les mêmes erreurs. On ne peut que tristement constater que son cinéma est cruellement d’actualité.

Paradise : présenté un peu partout au Canada à compter du 17 novembre 2017.

Crédit photo : Alexandre Michaud | Le Contemporaliste
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