Le Contemporaliste

Curateur de bien-être et art de vivre masculin depuis 2012

Le resort MUTHU RAINBOW: évasion en technicolor, retour en noir et blanc 

À Cuba, il existe un petit coin de l’île qui promet couleurs, chaleur et inclusion : le Muthu Rainbow, un hôtel unique en son genre, qui assume fièrement son identité LGBTQ+ friendly tout en offrant un cadre balnéaire aux accents de liberté. Installé à Cayo Guillermo, ce resort sans prétention mais hautement sympathique attire une clientèle aussi éclectique que chaleureuse, portée par l’envie de décrocher… ou de se retrouver.

Ce n’est pas un cinq étoiles clinquant, mais il a ce je-ne-sais-quoi : un charme désorganisé, une ambiance de petite famille improvisée, et une authenticité qu’on ne peut qu’aimer, surtout si on cherche à fuir les standards trop rigides du tourisme de masse. Le Rainbow, c’est un endroit où l’on arrive seul mais où l’on ne reste jamais isolé très longtemps. Surtout si on aime socialiser au bord de la piscine, au bar à mojitos ou sur la piste de danse après le show du soir.

Mais voilà : après une semaine sous les tropiques, entouré de gens brillants et de rires sincères, le retour frappe fort. La fatigue post-voyage, sournoise et épaisse, s’installe comme un nuage gris sur la palette de couleurs vives que le Rainbow avait imprimée dans ma tête.

L’hôtel date de 2019, et la vue sur la mer est omniprésente en toile de fond.

Le Muthu Rainbow n’est pas un hôtel de luxe, mais il réussit à créer une atmosphère chaleureuse et inclusive difficile à reproduire ailleurs. Lors de mon séjour, nous n’étions qu’une trentaine de clients – un facteur qui a rendu l’ambiance presque intime, comme un grand chalet en bord de mer partagé entre inconnus devenus complices. Si cette faible affluence a permis un service souvent attentionné et une tranquillité fort agréable, elle a aussi eu ses effets : le buffet, réduit à sa plus simple expression, manquait parfois de variété. On aurait aimé plus d’options, surtout côté fruits et plats chauds. Côté propreté, le service de ménage aux chambres était correct, sans plus, mais suffisant pour maintenir une impression générale d’ordre et de confort.

Là où le Muthu Rainbow surprend agréablement, c’est dans la qualité inattendue de ses chambres, du moins dans les suites junior. Dès l’entrée, on est frappé par la décoration sobre mais soignée, les matériaux modernes, et cette luminosité naturelle qui inonde la pièce en journée. Le lit king est spacieux, confortable, et fait face à une grande porte vitrée qui donne sur une terrasse privée – un luxe rare dans cette catégorie d’hôtel. Mais c’est surtout la salle de bain qui m’a impressionné : design ultra contemporain, grande douche vitrée à l’italienne, robinetterie chic et espace optimisé. On se croirait dans un hôtel urbain haut de gamme, bien loin des clichés souvent associés aux resorts cubains. Une belle réussite, franchement.

Ici, la chambre de base est une junior suite de 42 m², dotée d’un lit king (ou de deux lits doubles), d’un coin salon et d’un balcon.
La salle de bain, moderne et bien conçue, comprend une douche à l’italienne ainsi qu’un espace toilette fermé et séparé.

Le site du Muthu Rainbow est à l’image de l’hôtel : simple, accessible et sans chichis. Le terrain est plat, ponctué de quelques palmiers, avec juste quelques marches à descendre pour accéder à la plage, ce qui le rend facile à naviguer, même pour ceux qui redoutent les grands complexes tentaculaires. En une journée, on s’oriente sans problème. Le cœur du resort gravite autour de la piscine, du snack-bar et du petit théâtre extérieur, ce qui renforce ce sentiment de proximité. C’est peut-être modeste, mais c’est efficace et reposant. Le personnel, quant à lui, est chaleureux et attentionné, souvent prêt à faire un petit extra pour rendre le séjour agréable. Même dans un contexte de ressources limitées, l’équipe sur place sait faire preuve d’un grand professionnalisme doublé d’une gentillesse sincère.

L’accès à la plage est facile et intuitif, bien indiqué et rapidement accessible depuis les principales zones de l’hôtel.

Depuis mon retour, je sens une forme de fatigue que je n’arrive pas tout à fait à nommer. Pas seulement physique — même si le contraste entre l’air chaud et humide de Cayo Guillermo et la fraîcheur de Montréal n’aide en rien —, mais aussi mentale. Comme si mon esprit peinait à se recaler sur le tempo plus rigide du quotidien. Là-bas, tout semblait couler naturellement. Ici, chaque geste demande un peu plus d’effort. Ce n’est pas que je regrette d’être rentré, mais plutôt que mon corps et ma tête semblent être restés suspendus quelque part entre la mer turquoise, les discussions sans filtre, et ce sentiment de liberté douce qu’offre un lieu comme le Muthu Rainbow. J’imagine que c’est le prix à payer quand un voyage réussit à vraiment nous faire décrocher.

Infos pratiques

  • Plusieurs compagnies aériennes proposent des vols directs au départ de Montréal, au Canada, vers l’aéroport de Cayo Coco, situé à environ une heure de trajet en autocar du resort.
  • L’aéroport de Cayo Coco étant peu climatisé, je vous recommande fortement d’acheter un billet pour le salon VIP au moment du retour. Pour environ 30 $US, vous pourrez patienter dans un espace plus frais, calme et confortable — un vrai plus si votre vol subit un retard. Ce billet s’achète directement auprès du représentant de votre compagnie aérienne sur place.
  • Pour entrer à Cuba, vous devez vous procurer un visa touristique en ligne, offert gratuitement. Ce document vous sera exigé à l’embarquement à Montréal, alors assurez-vous de l’avoir en main. https://dviajeros.mitrans.gob.cu/inicio
  • L’enregistrement à l’hôtel Muthu Rainbow se fait à partir de 14 h, tandis que le départ doit être effectué avant midi. Si vous souhaitez prolonger votre séjour quelques heures, un late check-out est disponible pour 15 $US de l’heure, selon la disponibilité.
  • À l’hôtel, il y a une petite boutique qui vend du rhum et quelques articles d’hygiène personnelle.
  • Prévoyez des dollars canadiens pour les pourboires et des dollars américains pour vos achats.
  • Bien souvent, les Cubains apprécient davantage les cadeaux, comme des vêtements ou des médicaments.
  • Les cartes de crédit émises par des banques américaines, comme Capital One, ne sont pas acceptées à Cuba.

J’ai payé ce voyage de ma poche. Je souhaitais simplement vous informer, puisque nous avons reçu plusieurs questions sur les réseaux sociaux au sujet de ce resort.

Des questions? Écrivez moi au reik@lecontemporaliste.com

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